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La base lunaire projetée par la NASA est loin d’être faite. Ce sont pas moins de 73 alunissages —robots ou missions habitées— qui seront nécessaires pour en faire une réalité, du moins selon le « guide » publié au début du mois.

Lors d’un événement tenu une semaine plus tôt, le directeur Jared Isaacman avait été assez vague : retourner sur la Lune en 2028 —le but avoué étant que ça se produise avant la fin du mandat de Trump— construire une base lunaire, établir une présence permanente. Mais un document de neuf pages publié le 6 avril et intitulé Moon Base User’s Guide, apporte des détails: ils ne sont pas seulement ambitieux, ils exigeront des budgets pour des sondes lunaires qui n’existent encore qu’à l’état de projets.  

Rien que dans les trois prochaines années, il pourrait y avoir 21 robots sur la Lune (et 4 en orbite), pour préparer le terrain à la première mission habitée, ainsi qu'à la suite des choses. Cette longue liste pourrait faire oublier que c'est cette suite des choses qui sera la partie la plus compliquée: il y a encore plusieurs angles morts, que souligne d’ailleurs le Moon Base User’s Guide. Systèmes de support de vie dans des habitations lunaires, système d’alimentation en électricité, systèmes d’alunissage —autrement dit, les préalables indispensables sans lesquels il n’y aura pas de base lunaire. 

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Ces systèmes devraient, toujours selon le guide, être progressivement mis en place lors de la « phase 2 », entre 2029 et 2032, qui compteraient en théorie 27 lancements et 24 alunissages —incluant au moins un alunissage habité, celui d’Artemis 4, en 2028. La phase 3, à partir de 2032 et pour laquelle il n’y a pas de date de fin, compterait 28 alunissages et se terminerait par une présence humaine en continu sur la Lune. 

« Nous voulons faire atterrir un tas de choses, et c’est correct si certaines se brisent, nous allons apprendre », a déclaré Isaacman le 14 avril lors d’un symposium, rapporte le site d’information Space.com

Sauf que c’est « considérablement plus facile à dire qu’à faire », commente le magazine en ligne Live Science. Rien que le fait que la région du pôle sud soit envisagée pour cette installation, pose des défis supplémentaires: un Soleil plus bas sur l’horizon, donc une difficulté accrue pour produire de l’électricité avec des panneaux solaires. La construction d’un réacteur nucléaire fait d'ailleurs partie depuis longtemps des plans —la Chine y a aussi pensé avec son propre projet de base lunaire— et construire un réacteur nucléaire à 400 000 kilomètres de distance posera sa propre série de défis.

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