Il a déjà été établi que le El Niño de cette année sera plus puissant que la moyenne, au point où il atteindra peut-être le statut du plus puissant des El Niño depuis que les météorologues étudient ce phénomène. Mais comment savoir avec certitude si ce phénomène augmente progressivement en puissance à cause du réchauffement climatique? La réponse est peut-être dans les coraux.
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Si on se base sur les restes de coraux ayant grandi au cours des 1000 dernières années autour des Iles Galapagos, les 100 dernières années auraient vu des événements El Niño « forts » survenir plus souvent dans l’Est du Pacifique. Qui plus est, les écarts de température mesurés sur ces coraux se sont intensifiés de 36% en seulement 40 ans, conclut une étude parue le 27 août dans la revue Science.
Rappelons qu’El Niño —de son nom complet El Niño-Southern Oscillation, ou ENSO— est un phénomène météorologique qui réapparaît dans le Pacifique à des intervalles qui sont irréguliers, mais qui varient entre deux et sept ans. Chacune de ses apparitions se traduit par des perturbations dans les Amériques ou en Asie —davantage de précipitations en un endroit, des sécheresses ailleurs. Chacune de ses apparitions contribue également un peu au réchauffement global de la planète, avec une contribution plus grande lorsqu’il s’agit d’un El Niño plus puissant.
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Or, ces dernières années, plusieurs modèles climatiques ont prédit que la tendance semblait s’en aller vers des El Niño plus fréquents et plus intenses. Mais la chose est difficile à démontrer avec seulement un siècle de recul sur ce phénomène —d’autant plus qu’on est encore incapable d’expliquer ce qui provoque irrégulièrement la résurgence de ce phénomène dans le Pacifique central.
C’est dans ce contexte qu’arrive l’étude des coraux, dirigée par la paléoclimatologue —l’étude des climats du passé— Julia Cole, de l’Université du Michigan. Elle s’ajoute à d’autres mesures des coraux et des fossiles marins, mais qui avaient été effectuées beaucoup plus à l’ouest, là où émerge El Niño.
Prévoir une tendance à long terme permettrait à différents pays, des deux côtés du Pacifique, de mieux se préparer aux futures apparitions de ce phénomène et surtout, à ses conséquences sur les écosystèmes et les infrastructures humaines. Rien que cette année, comme les fois précédentes, un El Niño « fort » pourrait se traduire par des milliers de milliards de dollars en pertes économiques.





