La crise financière? De la petite bière. Rien que les pertes associées à la disparition des forêts sont plus importantes. 2000 à 5000 milliards de dollars par année, selon une étude commandée par l’Union européenne. De quoi renflouer bien des banques, si l’argent poussait dans les arbres...

L’étude en question s’inscrit dans les pas de celle signée en octobre 2006 par Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, et qui avait alors fait beaucoup de bruit : Stern y écrivait que si les gouvernements ne réagissent pas dans les 10 prochaines années, le réchauffement climatique pourrait coûter à l’économie de la planète la rondelette somme de 7000 milliards de dollars.

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D’où proviendraient pareilles factures? Des catastrophes naturelles, comme l’ouragan Katrina, répondait Stern. De la nécessité d’adapter les infrastructures, comme les routes côtières emportées par l’érosion. Et des millions de « réfugiés climatiques ».

Eh bien c’est à peu près la même chose que dit cette fois l’auteur principal de l’étude sur les forêts, l’économiste allemand Pavan Sukhdev, qui additionne la valeur des différents « services » que nous rendent les forêts, depuis l’épuration des eaux jusqu’à l’absorption du CO2.

Les détracteurs diront —comme ils l’avaient fait avec l’étude Stern— qu’arrivés à de telles hauteurs, ces chiffres ne veulent plus dire grand-chose. Mais l’important n’est pas tant leur précision que le fait de tenter de mettre un prix sur quelque chose qui, jusqu’à récemment, n’avait jamais été évalué de cette façon. Les écologistes parlent en effet depuis des décennies de disparition des écosystèmes, mais ce n’est que tout récemment que les économistes ont commencé à mettre des chiffres : un langage plus propre à intéresser les politiciens et les gens d’affaires.

Pavan Sukhdev en est bien conscient, lorsqu’il utilise l’exemple-clef sur les ondes de la BBC : « alors que Wall Street, selon différents calculs, a perdu à ce jour 1000 à 1500 milliards$, au rythme actuel, nous perdons un capital naturel d’au moins 2000 à 5000 milliards chaque année ».

L’étude, The Economics of Ecosystems and Biodiversity, est une initiative allemande, le pays qui présidait l’Union européenne (UE), et a été financée par l’UE. Seuls les résultats préliminaires —sur « l’économie des forêts »— est à présent complétée. La phase 2 de l’étude —sur les autres types d’écosystèmes— doit s’achever en 2010.

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