Un « donneur anonyme » a permis de produire aux États-Unis un « Guide du sceptique » du réchauffement climatique, imprimé à 150 000 exemplaires, pour distribution dans 26 000 écoles américaines et auprès de 19 000 décideurs et politiciens. Le livre est farci d’erreurs. Mais quel éditeur scientifique aurait les moyens de produire la même chose?

Illustration du dialogue difficile —impossible, disent certains— entre information et propagande, ce pseudo-guide est taillé en pièces dans la blogosphère scientifique. Mais sa portée est de loin supérieure à tout ce que ces blogueurs pourront écrire.

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D’un côté, un groupe —l’Institut Heartland— qui a beaucoup d’argent —principal donateur : la compagnie pétrolière Exxon— et ne s’embarasse pas des faits. De l’autre, plusieurs groupes disparates, certains plus riches que d’autres, mais qui doivent perdre un temps fou à vérifier leurs faits avant de publier. La lutte est-elle perdue d’avance?

Autre exemple : en réponse à la volonté de la Maison-Blanche d’intensifier les efforts pour réduire les gaz à effet de serre, l’Institut Cato —autre groupe conservateur connu pour sa dénégation du réchauffement— lance une campagne publicitaire dans les grands journaux américains. L’Institut avait précédemment envoyé aux scientifiques « sympathiques » une invitation à signer cette future publicité (ils ont eu du mal, à en juger par la présence, parmi les 100 signataires, d’au moins un créationniste et un ésotériste mais de très peu de chercheurs du domaine).

On se rappellera aussi la version musulmane du créationnisme: l’Atlas de la création, un livre de luxe de 800 pages dont la production a dû coûter une fortune, après avoir été abondamment distribué en Europe, a fait l’objet d’un envoi massif aux États-Unis au début de 2007.

Bref, sur ce terrain, la raison est vouée à perdre, écrit ce journaliste. A quoi bon toujours répéter la même chose, ajoute cet autre qui avoue sa grande fatigue à devoir toujours réfuter les mêmes arguments, encore et encore —l’équivalent d’un dialogue avec des analphabètes qui refusent d’admettre que la lecture est importante.

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