Le rhésus macaque entre au Temple de la renommée génétique. Il est le troisième primate dont le code génétique est décrypté après l’humain et le chimpanzé.

Un consortium international de plus de 170 scientifiques de 35 institutions différentes a décrypté le génome entier d’une femelle macaque vivant dans un centre de recherche à San Antonio, au Texas. Quel est le résultat de tout ce travail ? Comme prévu, le macaque nous ressemble beaucoup. Son ADN est similaire à 93,5% à celui des humains. C’est ce que les scientifiques prévoyaient pour ce proche cousin séparé de l’humain il y a 25 millions d’années. En comparaison, les humains et les chimpanzés partagent 98% de leur ADN. Leurs espèces ont divergé plus récemment, il y a 6 millions d’années.

Abonnez-vous à notre infolettre!

Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!

Les scientifiques utilisent fréquemment le rhésus macaque pour la recherche biomédicale, entre autres pour des tests de médicaments et des recherches sur certaines maladies infectieuses dont la grippe et le sida. Avec la copie du génome du primate, les biologistes pourront maintenant mieux cibler leurs expériences.

La possibilité d’avoir trois séquences de génome d’espèces cousines de primates permettra aux biologistes de mieux comprendre l’évolution des humains. Il leur était impossible auparavant de savoir laquelle des deux versions, celle des humains ou celle des chimpanzés s’était modifiée par rapport à la version ancestrale. Maintenant, les biologistes pourront consulter le génome du macaque pour répondre à cette question.

Une large étude du génome du macaque a permis aux chercheurs de découvrir plus de 200 gènes qui se sont transformés lors du processus de sélection naturelle qui a séparé les humains et les macaques. La liste des gènes identifiés inclus la structure des cheveux, la réponse immunitaire, la communication intercellulaire et la fusion entre le spermatozoïde et l’ovule. Étonnamment, la mutation de certains gènes qui cause aujourd’hui aux humains des maladies génétiques telles la Phénylketonurie et le Syndrome de Sanfillipo sont les formes normales des gènes trouvés chez les macaques et probablement chez nos lointains ancêtres. «Certaines maladies pourraient donc être causées par la mutation de gènes qui reviennent à leur forme ancestrale», explique Richard Gibbs, généticien au Collège de médecine Baylor, à Houston, au Texas.

Les scientifiques ont l’intention de poursuivre leur recherche génétique de l’évolution des humains à l’aide du génome de d’autres primates au cours des prochaines années. Les prochains élus sur la liste seront le gibbon, l’orang-outang, l’ouistiti et le gorille.

Je donne