Imaginez un seul livre, qui contiendrait un article, avec photos, pour chacune des espèces vivantes. Ses auteurs viennent d'en dévoiler les 30 000 premières pages.

Leur rêve : que dans une décennie, les 1,77 million d’autres espèces aient été complétées. Et encore, la science estime qu’il reste... 10 fois plus d’espèces qui n’ont pas encore été recensées.

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Un projet aussi fou, The Encyclopaedia of Life, dont le lancement avait été annoncé en mai dernier, et dont l'inauguration au eu lieu le 26 février, n’aurait jamais pu voir le jour dans l’ère pré-Internet. Pas seulement parce qu’aucune étagère n’aurait été assez large pour accueillir le livre, mais parce que seul un travail collaboratif, international et évolutif permettra —peut-être— d’en venir à bout. Un Wikipédia du vivant, en quelque sorte, mais alimenté uniquement par des experts.

Ceci dit, est-il justement trop fou? Ce n’est pas la première fois qu’un projet international tente de cataloguer toutes les espèces vivantes, et tous les autres ont échoué, rappelle dans le New York Times le biologiste torontois Daniel Brooks.

L’initiateur est une sommité de la biologie, Edward O. Wilson qui, à 79 ans, est encore actif. C’est à lui qu’on doit l’introduction du mot biodiversité, un apport on ne peut plus lié à une encyclopédie de la vie. Avec des collègues, il a convaincu de généreux donateurs : l’encyclopédie dispose à présent d’un budget de 50 millions$ pour ses cinq prochaines années.

Les auteurs pourront y insérer du texte et des photos, mais aussi des séquences d’ADN, des chants d’oiseaux, des cartes géographiques —et les assembler dans un format standard. Pour l’instant, les 30 000 premières « pages » ou sections proviennent surtout de bases de données de poissons, d’amphibiens et de plantes.

Donc, projet à long terme, c’est le cas de le dire. Interrogé par le New York Times , Edward O. Wilson lance du haut de ses 79 ans : « ça va être une aventure amusante pour les prochaines décennies ».

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