Il y a des pays qui sentent l’urgence plus que d’autres. Aux Maldives, un archipel situé au Sud de l’Inde, aucun terrain n’est à plus d’un mètre 80 au-dessus du niveau de la mer. Quelque 400 000 personnes vivent là-bas —deux fois plus qu’il y a 25 ans.

Pas étonnant que les autorités des Maldives aient lancé leur premier cri d’alarme sur le réchauffement climatique en 1988. Le journaliste du New York Times, Andrew Revkin, rappelle l’extrait de son livre —tirage épuisé— paru cette année-là :

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Parmi les gens assistant [au premier Congrès international sur une atmosphère en changement, à Toronto], Hussein Manikfan, qui détient le titre d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire aux Nations Unies de la république des Maldives. Au début, il semble étrange de croiser un représentant des Maldives à ce congrès. Le pays, une nébuleuse de 1190 îlots de corail dans l’océan Indien, n’a ni forêts tropicales, presque pas d’automobiles et peu d’industries... Pourquoi donc était-il à Toronto? « Pour apprendre combien de temps il reste à mon pays. »

Ainsi, au moment où l’Occident commençait à parler du réchauffement climatique et au moment où les premières projections des scientifiques faisaient état d’une hausse du niveau des mers de quelques mètres dans le ou les prochains siècles, le sort même de cet État se retrouvait sur la sellette. Déjà en 1988, plusieurs des îlots étaient inondés durant les tempêtes tropicales —un mètre 80 au-dessus du niveau de la mer, ce n’est vraiment pas beaucoup.

Les Maldives sont habitées depuis des milliers d’années, par une ethnie qui possède sa propre langue et son propre alphabet.

Le 15 mars, le président Mohamed Nasheed a fait —un peu— parler de son pays ailleurs, par un texte signé de lui-même et paru dans The Observer de Londres : il y appelle au reste du monde pour s’attaquer sérieusement aux gaz à effet de serre, mais s’engage à ce que, d’ici 2020, les Maldives soient devenues le premier État « carbone-neutre ». Autrement dit, un virage du pétrole aux énergies renouvelables, en 10 ans.

Coût estimé : 1,1 milliard sur 10 ans. Avec l’espoir que les économies d’énergie que cela créera ne remboursent la dette dans les décennies suivantes. Si le pays existe toujours.

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