Depuis une semaine, et pour une semaine encore, vous pouvez plonger dans d’innombrables rétrospectives du premier voyage vers la Lune, des entrevues avec les anciens astronautes et des images re-numérisées. Les librairies étalent des livres récents et moins récents, pour jeunes et moins jeunes.
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Mais au-delà de cette orgie de souvenirs, d’hommages et de nostalgie, quel est le véritable héritage d’Apollo?
Oubliez le velcro, la nourriture en tube, les télécommunications et les prouesses des ingénieurs. Oubliez les pas dans la poussière lunaire, le vent solaire ramené en Suisse et le trésor géologique que représentèrent les roches lunaires. Pensez au rêve.
C’est de cela aussi dont philosophent d’innombrables auteurs depuis une semaine. Une génération de garçons a rêvé de devenir astronaute comme Neil Armstrong. 600 millions de personnes ont formé pour la première fois l’équivalent d’une conscience planétaire, rivés sur un téléviseur. Et le mouvement écologique qui ne portait pas encore ce nom a profité du choc émotif provoqué par cette vision d’une petite boule bleue et blanche perdue dans un océan de noirceur.
Certes, Arthur C. Clarke rêvait aussi que les enfants d’Apollo habiteraient une ville lunaire en 2001. Les futurologues nous voyaient déjà, 40 ans plus tard, à courir dans les sables rouges de Mars et à osculter la tache de Jupiter.
Sans doute était-ce futile, comme d'aucuns l'ont dit à l'époque, de dépenser tous ces milliards alors que des enfants meurent encore de faim. Mais ces milliards, s’ils n’étaient pas partis pour la Lune, auraient servi à créer des missiles plus rapides, des avions de chasse plus efficaces et des bombardiers capables de larguer plus de bombes. Des outils avec lesquels on fabrique bien peu de rève, et certainement pas un désir d’améliorer le sort de cette petite planète bleue et blanche.
Il est difficile de savoir si une éventuelle mission lunaire en 2020 aurait le même impact sur la conscience planétaire. Mais sans doute pas. L’opportunité est passée. C’était une autre époque. C’étaient les années 60, l’arrivée à l’âge adulte d’une masse de baby-boomers avides de changer la planète. C’étaient Woodstock, mai 68, Expo 67. C’était une autre culture.
Pascal Lapointe





