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L’émission Rencontres paranormales de TVA faisait « parler » les tables. Plus surprenant encore, près d’un million de téléspectateurs se rassemblaient pour la regarder chaque semaine!

Pourtant, le physicien Dany Plouffe réussit ce tour facilement, et ce, à plusieurs reprises et en pleine lumière. « Faire bouger une table sur demande n’a rien de bien compliqué, les sœurs Fox – les “premiers médiums” de l’histoire – l’ont fait en 1848, avant d’avouer leur supercherie », a-t-il expliqué au récent congrès de l’Association des communicateurs scientifiques du Québec (ACS).

À la table ronde intitulée « Miracles, magie et médias : et la science dans tout ça? » présentée dans le cadre de ce colloque, le défenseur de l’esprit critique avait pour voisine de table, Danielle Goyette, auteure de huit livres de la série Québec Insolite (Éditions Michel Quintin) — des ouvrages où le paranormal côtoie les histoires de monstres.

La pigiste a trouvé là un créneau fort lucratif : deux nouveaux livres paraîtront cette année. « Ce sont des histoires riches. J’interroge même des spécialistes (psychiatre, sismologue, physicien, etc.), mais sans leur demander de se pencher sur ces cas trop complexes à expliquer », précise la journaliste.

De nombreux communicateurs scientifiques déplorent la participation des scientifiques à ce type d’ouvrages qui leur apporte un aval de crédibilité. « Cela enfonce le clou qu’il est logique d’y croire. Mais il ne faut pas confondre inexpliqué et paranormal, là où il y a beaucoup de supercheries », relève Dany Plouffe.

Y croyez-vous?

Avons-nous perdu notre esprit critique? Robert-Mathieu Sauvé, président de l’ACS, s’étonne du nombre important de gens préférant se pencher sur les morts et faire tourner les tables plutôt que de s’initier à l’émerveillement de la nature et de la science.

« Il y a beaucoup d’analphabétisme scientifique », renchérit à son tour le physicien Normand Mousseau. Il importe de raffermir notre sens critique. Les médias et l’école doivent être les alliés de cette chasse aux sorcières de la crédulité.

« Il faut surtout partir de l’éducation, car l’impact journalistique reste limité », tempère cependant Jean-Marc Fleury, directeur général de la Fédération mondiale des journalistes scientifiques.

« On ne peut pas combattre les croyances, nous en avons tous, mais il est de notre devoir de dénoncer la malhonnêteté intellectuelle des faux médiums et des charlatans », conclut Dany Plouffe.