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Les conséquences de la sécheresse qui a frappé le coeur de l’Amérique du Nord cet été ont continué de se faire sentir cet automne... à des milliers de kilomètres. Jusqu’au fleuve Saint-Laurent.

Déjà cet été, tous ceux qui naviguaient sur le fleuve avaient eu droit à des alertes de risques d’échouage accrus. L’alerte en question, entrée en vigueur le 29 juin, n’avait pas encore été levée le 15 octobre. En juillet, face à Trois-Rivières, le fleuve avait affiché son plus bas niveau des 20 dernières années.

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Depuis le début d'octobre, la tendance est «vers un retour à la normale», précise la porte-parole de Pêches et océans Canada.

Les causes doivent être cherchées loin à l’ouest: la sécheresse record qui a frappé cette année une bonne partie du centre et de l'ouest du continent, diminuant le niveau des rivières. Du coup, trois des cinq Grands Lacs, le Supérieur, le Michigan et le Huron, sont demeurés sous la normale depuis le début de l’été.

Or, alors qu’on atteint la mi-octobre, les prévisions des hydrologues, du côté américain, bien qu’optimistes à court terme, rappellent qu’on est parti de loin: le niveau d’eau de ces trois lacs continue d’être plus bas qu’il ne l’a été depuis des décennies, au point d’empêcher des navires de se rendre jusqu’à leur destination finale.

En août, 25 sénateurs des États américains riverains ont écrit une lettre conjointe demandant à leur gouvernement fédéral des fonds pour réaménager d’urgence des rampes d’accès à l’eau et des quais.

Un effort concerté sur l’ensemble de la région serait hors de prix, rapporte le New York Times : dans son budget 2012, Washington cible seulement 16 des 63 ports des Grands Lacs sous juridiction fédérale.

Sans faire la moindre allusion aux changements climatiques, ces 25 élus américains signalent néanmoins dans leur lettre que le phénomène n’est pas uniquement lié à la sécheresse exceptionnelle de cet été: depuis 1999, le niveau moyen des eaux dans les lacs Supérieur et Michigan-Huron est systématiquement inférieur à la moyenne mesurée depuis 1860 (les lacs Ontario et Érié, alimentés par des rivières situées plus à l'est, n’ont pas chuté autant).

En décembre 2011, les livraisons dans deux ports du Michigan ont dû être carrément interrompues en raison du manque d’eau. Et depuis 2000, selon le Times , le tonnage des navires qui entrent dans les Grands Lacs a diminué en moyenne de 15%, faute d’un tirant d’eau suffisant dans plusieurs grands ports.

La quantité de neige au sommet des montagnes cet hiver, et la quantité de pluie le printemps prochain, risquent d'être calculées avec attention, des grandes plaines de l’ouest jusqu’au Saint-Laurent...

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