Plusieurs ont été surpris d’apprendre que, parmi les 23 mesures signées le 16 janvier par Obama pour lutter contre la violence par les armes, il y en avait une qui relançait la recherche sur la violence par les armes. Peu ont toutefois réalisé pourquoi cette recherche avait été interrompue.

« Nous ne bénéficions pas de l’ignorance », a dit le président pour justifier cette mesure précise, qui donne pour mandat au Centre de contrôle des maladies (CDC), à Atlanta, d’imaginer des stratégies et des questions qui méritent d’être fouillées. Assorti d’un budget de 10 millions, si le Congrès donne son accord.

Or, ce faisant, c’est un interdit formel de près de 20 ans qui prend fin : un interdit de mener au CDC de la recherche financée par le gouvernement sur le «problème de santé publique» que représente la violence par les armes à feu.

Et pourquoi ce gel? Le New Scientist et NBC News rappellent que c’est à la suite d’un intense lobbying de la National Rifle Association qu’en 1996, le Congrès a émis une directive enjoignant au CDC —une agence gouvernementale— de cesser d’utiliser des fonds pour «défendre ou promouvoir le contrôle des armes». Les élus en ont aussi profité pour couper 2,6 millions$ dans le budget de l’agence, qui était le budget alloué alors à la recherche sur la violence par les armes.

Après tout ce temps, les chercheurs en santé publique ne sont pas en manque de questions qu’ils aimeraient creuser : on cite ici et là le niveau de risque posé par un propriétaire d’arme qui est par ailleurs alcoolique ou toxicomane; et la question de l’impact des jeux vidéo violents sur des gens déjà susceptibles de commettre des crimes violents.

Les armes à feu sont derrière 11 000 meurtres —et 19 000 suicides— par année aux États-Unis.