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Aurait-on finalement détecté la mystérieuse matière noire cosmique? «Un indice, mais pas une preuve», rétorque le chercheur principal, dans une de ces formules toutes théoriques dont la physique a l’habitude —surtout quand son propre organisme émet un communiqué de presse un brin trop optimiste.

Un télescope «chasseur de matière noire» est installé sur la station spatiale internationale depuis mai 2011. Et en près de deux ans, l’AMS (Alpha Magnetic Spectrometer) a détecté des millions de particules d’antimatière. C’est là l’indice annoncé: il pourrait s’agir de la première observation indirecte de particules de matière sombre entrant en collision les unes avec les autres —et créant, parfois, une particule d’antimatière.

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Mais c’est l’hypothèse optimiste, s’empressent de rétorquer les critiques —et jusqu’au chercheur principal lui-même, l’Américain Samuel Ting, qui a mis les deux pieds sur le frein lors d’une conférence donnée au CERN, en Suisse, le 3 avril. Tandis que le communiqué de presse, lui, faisait clairement un parallèle entre ces millions de particules et la matière noire.

Plus précisément: ce que l’AMS a détecté, ce sont 30 milliards de rayons cosmiques, et 6,8 millions d’entre eux sont identifiés comme des électrons ou leur jumeau d’antimatière, appelé le positron. Et c’est le positron qui pourrait être la clef: un excès de positron représente l’indice annoncé par la théorie sur la matière noire.

Le problème, c’est que les positrons pourraient aussi provenir d’étoiles tournoyantes appelées pulsars. Ou de trous noirs. Ou d’autres sources situées au-delà de notre galaxie. Le fait d’en trouver en surplus n’est donc pas le bout du chemin. Le blogueur Ethan Siegel en profite pour retracer plus d’un siècle d’essais et erreurs —surtout des erreurs— dans la quête de l’origine des rayons cosmiques; il conclut que dans toutes les étapes-clefs de cette longue quête, il y a toujours eu plus de surprises et d'inconnues que ce que la technologie du moment semblait révéler.

La matière noire, c’est celle censée composer 80% de la masse de l’univers. Comme elle n’interagit que très rarement avec la matière ordinaire, aucune trace d’une telle collision n’a été concluante jusqu’ici. La prochaine mise à jour des résultats de l’AMS est prévue lors d’un congrès international sur les rayons cosmiques qui aura lieu au Brésil, en juillet.

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