Le lien commun entre les gens qui sont climatosceptiques, anti-vaccination et anti-évolution? Ils jonglent de la même façon avec le concept de risque. Ou plus exactement, avec la perception du risque.

«L’opinion publique est de plus en plus défavorable aux vaccins», diront par exemple les groupes anti-vaccination. Or, c’est là une affirmation fausse: le taux de vaccination n’a pas bougé dans la plupart des pays occidentaux. Mais cette affirmation reflète une volonté de jouer la carte de la perception du risque, plutôt que celle des données solides. «Les scientifiques sont de plus en plus sceptiques face au réchauffement climatique»: même argument.

Dans une étude parue le 27 janvier, le psychologue Dan Kahan allègue que ce choix comporte en lui-même un risque: celui d’introduire de la confusion dans l’esprit du public, qui en vient à croire qu’il existe un débat là où il n’y en a pas, et accroître la méfiance, voire l’hostilité à l’égard de la science en général, ce qui n’est pourtant pas le but recherché, même par les mouvements anti-vaccinations.