Les chats sont de fabuleux prédateurs. Pas juste les gros félins comme les tigres et les lionnes. Non non non! Votre chat aussi. Aux États-Unis, nos chers minous extermineraient chaque année pas moins de 2,4 milliards d’oiseaux et 12,3 milliards de petits mammifères. Si on se rapporte à la population féline du pays: 95,6 millions de chats domestiques et 80 millions de chats retournés à l’état sauvage, cela fait quand même une moyenne de 13 oiseaux et 70 petits mammifères par Gros Minet. Titi n’a qu’à bien se tenir.

 

Bref, le chat domestique représente un danger certain pour la vie sauvage et la biodiversité dans les lieux qu’il fréquente. D’où la question de chercheurs anglais: comment les propriétaires perçoivent-ils la dangerosité de leurs adorables compagnons et quelles mesures seraient-ils prêts à prendre afin de réduire la pression de prédation de nos tigres de salon.

Je vous le dis tout de suite: la perception a ses raisons que la raison ignore.

Tout d’abord, les faits: Le trois quart des chats rapportaient des proies à leur propriétaire. Les plus actifs étaient les jeunes adultes, ceux qui vivaient le plus proches des terres agricoles et, bien évidemment, ceux qui passaient le plus de temps dehors.

Ensuite, l’avis des propriétaires. Les chercheurs leur ont demandé d’évaluer les prises de leur chat chéri puis, pendant 4 mois, de comptabiliser le nombre et le type de proies ramenées à la maison. À la suite de quoi, ils leur ont posé cinq questions sur le risque que posent les chats sur la vie sauvage et les mesures à prendre pour limiter ce risque.

Quarante pour cent des répondants jugent que les chats domestiques posent un danger pour la faune sauvage mais seulement 27% considèrent qu’il s’agit d’un «sérieux problème». Et, alors que 39% d’entre eux accepteraient de garder leur monstre à l’intérieur du coucher au lever du soleil, personne, mais alors là personne (2%), ne tolérait de restriction complète à la liberté de la pauvre bête. Comprenez, quoi! C’est un chat, après tout.

Hum!

En Nouvelle-Zélande, une initiative privée réclamait récemment la séquestration de tous les chats de l’île à l’intérieur des maisons afin de sauver les espèces animales locales. Pour rappel, jusqu’à l’arrivée de l’homme dans cet archipel, il n’y avait aucun mammifère en dehors de 2 espèces de chauves-souris. Chats (et chiens) représentent donc une grande menace pour les kiwis, tuataras et autres kakapos (je recommande les vidéos du lien).

Bon… le point positif: 62% des répondants approuvaient la stérilisation des animaux. Encore bien, parce que les chats, ça se reproduit comme des lapins. Vous mettez un monsieur et une madame ensemble et 4 ans plus tard, vous avez… 20 736 petits chatons. Vous êtes contents, hein?

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Source: Jennifer L. McDonald, Mairead Maclean, Matthew R. Evans et Dave J. Hodgson. Reconciling actual and perceived rates of predation by domestic cats . 2015. Ecology and Evolution. doi: 10.1002/ece3.1553

Ce billet a également été publié sur le site BriteSciences .