Les bars et les restaurants seraient des terrains de jeu particulièrement glissants. Les chercheurs y relèvent deux fois plus de risque de jeu problématique et trois fois plus de jeu pathologique chez les adeptes de loterie vidéo que dans les salons de jeux.

« Le fait de jouer dans un bar augmente par quatre le risque d’avoir des problèmes de jeu », confirme le Pr Serge Sévigny, chercheur au Centre québécois d’excellence pour la prévention et le traitement du jeu de l’Université Laval et coauteur de la récente étude sur les jeux d’argent et de hasard.

Les résultats de cette étude montrent que la moitié des joueurs (51 %) vivent plus de problèmes de dépendance lorsqu’ils jouent dans de petits établissements, tels les bars. La prévalence du jeu problématique grimpe à 36 % chez ces adeptes — contre 20 % pour ceux des salons de jeu et minicasinos – tandis que pour le jeu pathologique, elle se situe à 15 % pour la clientèle des joueurs de bars – contre 5 % chez les autres clients.

Ce ne sont d’ailleurs pas les mêmes profils de joueurs que l’on retrouve dans les bars et les salons de jeu ou mini casinos. Ces vastes aires de jeu que l’on nomme aussi « ludoplex » attirent une clientèle plus féminine et plus âgée : deux fois plus de femmes y jouent, généralement à la retraite et en couple.

Tandis que dans les bars, une clientèle plus masculine et plus jeune recherche plutôt une plus grande accessibilité aux machines à sous et même une certaine forme de socialisation propre à ces établissements.

Le vertige du gambling

Alors que les chercheurs s’inquiètent des comorbidités liées à la consommation d’alcool chez les joueurs, l’étude ne montre pas de lien avéré entre le jeu et la boisson. « Le fait de boire ne développerait pas plus de problèmes de jeu que de rester à jeun », tranche le Pr Sévigny.

Les bars réunissent pourtant des facteurs gagnants pour l’addiction au jeu. L’environnement festif, l’accessibilité des machines et les « amis » de bar contribuent à une plus grande régularité de cette activité pouvant mener à la dépendance. Prendre en compte aussi la facilité de stationnement et la proximité des petits établissements pourrait également aider en matière de prévention.

« Electronic gambling machine gamblers’ characteristics vary according to the type of gambling venue: a Canadian study », par Serge Sévigny, Martin Leclerc, Annie Goulet, Karina Côté, Christian Jacques, Robert Ladouceur et Isabelle Giroux publiée dans la revue International Gambling Studies, 2016.

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