Alors que l’actualité fait découvrir jour après jour le rôle important qu’ont joué les sites de désinformation dans la dernière élection américaine, une étude de l’Université Stanford en ajoute une couche : elle conclut que les adolescents américains sont pour la plupart incapables de distinguer quand une nouvelle est fausse.

Sur leur fil Facebook, quelque 82% des adolescents et préadolescents ne faisaient pas la différence entre un « contenu commandité » (soit une publicité) et une vraie nouvelle émanant d’un vrai média. Plusieurs jeunes ont par ailleurs jugé de la valeur d’un texte par la quantité de détails qu’il contient, plutôt que par sa source. Et dans un des 56 tests menés par les chercheurs, plus de quatre étudiants d’écoles secondaires sur dix croyaient, sur la base de la seule manchette, qu’une photo de marguerites difformes prouvait que l’accident de Fukushima avait eu un impact sur la vie environnante, bien que rien dans la photo ne prouvait qu’elle avait été prise là-bas. Deux étudiants sur 10 ont tout de même eu le réflexe de contester l’origine de la photo ou de la publication.

L’étude, publiée le 22 novembre, serait la plus grosse publiée à ce jour sur la façon dont les adolescents évaluent l’information en ligne. Elle a été menée auprès de 7804 d’entre eux en 2015 et 2016. Leur capacité de raisonnement quant à l’information en ligne est qualifiée de « désolante » par les chercheurs.

Dans la foulée des controverses entourant la diffusion de fausses nouvelles —et leur immense popularité—pendant la campagne électorale américaine, Facebook et Google ont annoncé la semaine dernière que ces sites n’auront plus accès à leurs publicités automatiques. Mais plusieurs observateurs ont critiqué cette décision en notant qu’une véritable réforme devrait aller beaucoup plus loin, puisque la désinformation peut occuper beaucoup d’espace sur un fil Facebook, qu’elle apporte ou non des revenus à ceux qui la produisent.