« D’après mes recherches, si une fille vous enlace, vous embrasse et tient vos mains en même temps, elle veut être votre petite amie. Alors, vaut mieux que vous ayez une réponse toute prête. » Si ce passage vous semble étrange, c’est que vous n’êtes pas vous-même autiste.

La sexualité n’est pas chose évidente du tout, lorsqu’elle est l’équivalent du chinois, raconte Stephen Shore, qui est professeur à l’Université Adelphi, en banlieue de New York. Et comme il est lui-même autiste, il a dû faire son éducation sexuelle par l'intermédiaire des librairies locales. Au collège, raconte la journaliste de Spectrum, un magazine en ligne sur l’autisme, à qui Shore s’est confié, il avait commencé à se demander si les femmes parlaient un langage différent du sien lorsque l’une d’entre elles avait assumé, à sa grande surprise, qu’elle était devenue sa petite amie. Le problème, rappellent les spécialistes de l’autisme, est amplifié par la perception qu’entretient la société : les autistes seraient déconnectés de leurs émotions, sans empathie, alors que plusieurs veulent au contraire établir des relations à long terme : selon une étude récente, aux États-Unis, la moitié d’entre eux seraient en couple.