Si la tendance se maintient, ce n’est pas du seuil de deux degrés Celsius d’augmentation dont il faudra s’inquiéter. C’est d’une mesure méconnue, mais beaucoup plus significative, appelée les parties par million de CO2.

Tandis que les pays du monde entier, sur la base de l’Accord de Paris, prétendent toujours pouvoir empêcher la Terre de se réchauffer de plus de 2 degrés par rapport à l’ère pré-industrie, les climatologues ont l’oeil sur un autre « thermomètre ». Pendant le dernier demi-million d’années, cette mesure a oscillé entre 200 et 300 parties par million (PPM), c’est-à-dire la quantité de particules de dioxyde de carbone, ou CO2, contenue dans notre atmosphère. Ça a commencé à grimper en flèche avec la révolution industrielle à la fin du 18e siècle en Europe, et ça s’est accéléré au 20e siècle. On vient tout juste de dépasser les 400 PPM, et on pourrait dépasser les 500 avant la fin du siècle. Qu’est-ce que cela signifie ? Des perturbations de l’atmosphère imprévisibles, parce qu’il y a plusieurs millions d’années que la Terre n’a jamais atteint les 400 PPM.

Au-delà du fait que le CO2 est le principal gaz à effet de serre, pourquoi faudrait-il s’en préoccuper ? Le magazine Think Progress propose trois raisons :

  1. d’une part, cette hausse régulière du CO2 suit parfaitement les modèles dressés par les climatologues depuis des décennies, un argument de nature à impressionner même les climatosceptiques ;
  2. d’autre part, des régions de notre planète qui, traditionnellement, avaient servi « d’entrepôts » de CO2 sont en train d’en éjecter dans l’air : on pense ici au dégel du sol dans l’Arctique ;
  3. enfin, selon deux études distinctes parues dans Science en 2009 et 2013, la dernière fois que la Terre a dépassé les 400 PPM, la température moyenne était de 5 degrés plus élevée que maintenant, et le niveau de la mer d’au moins 20 mètres plus haut.