Si tout va bien, en 2019, des plantes pousseront sur la Lune. En quelque sorte : dans un environnement scellé, 100 % artificiel. Mais soumis à la faible gravité de notre satellite.

Les graines de pommes de terre et d’une petite plante à fleurs appelée Arabidopsis sont à bord de la sonde chinoise Chang’e-4, qui doit s’envoler le 8 décembre et alunir peu après le Nouvel An.

Autre fait nouveau : la sonde ira se poser sur la face cachée de la Lune — c’est-à-dire celle qui n’est jamais visible depuis la Terre. Elle transporte à cette fin un véhicule — sur le modèle du « Lapin de Jade » qui accompagnait Chang’e-3 en 2013 — qui explorera une petite portion de cette moitié inexplorée de notre satellite. Ainsi qu’une antenne destinée à écouter le bruit de fond cosmique — les ondes radio qui voyagent en permanence dans l’univers. Les astrophysiciens rêvent depuis des décennies de construire un observatoire de radio-astronomie sur la face cachée de la Lune, à l’abri du « bruit » de notre civilisation.

L’agence spatiale chinoise a d’ailleurs depuis longtemps inscrit dans ses plans à long terme, la construction d’une base lunaire — quoique sans fixer de date. Or, si on veut faire vivre des humains là-haut, il en coûtera considérablement moins cher si on est capable de faire pousser leur nourriture dans des serres. D’où la petite expérience végétale : les pommes de terre parce qu’elles feraient partie de l’alimentation de base, et l’Arabidopsis parce que sa croissance rapide permettra tout de suite de voir si le test est un succès ou un échec.

La Chine avait aussi mis en orbite lunaire, en mai dernier, un satellite de communications, Queqiao, destiné à relayer les données de Chang’e-4, puisque depuis la face cachée, il est impossible de contacter directement la Terre.

Des plantes ont déjà grandi dans la station spatiale, en l’absence presque complète de gravité, mais jamais sur la Lune, où la gravité est d’un sixième celle de la Terre.

 

Mise à jour 8 décembre: Chang'e-4 est parti comme prévu pour la Lune.