Les inégalités entre pays ont diminué depuis le 19e siècle, grâce aux progrès de la médecine, des transports et des communications. Mais au cours des 50 dernières années, les changements climatiques semblent avoir freiné le mouvement.

« Injustice climatique » est un terme bien connu des politologues. Il désigne le fait que certains pays sont plus « à risque » que d’autres — les Pays-Bas et le Bangladesh, par exemple — et que ceux qui sont, en plus, enfoncés dans la pauvreté, auront encore plus de mal à remonter la pente quand le climat va s’aggraver.

Or, la différence entre les pays les plus pauvres et les plus riches serait à présent 25 % supérieure à ce qu’elle aurait été si les changements climatiques n’avaient pas commencé à faire leur œuvre entre 1961 et 2010. C’est du moins ce que concluent deux chercheurs en sciences de la Terre de l’Université Stanford le 22 avril dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.

« Cette augmentation résulte de l’impact du réchauffement sur la croissance économique annuelle » — impacts sur l’agriculture, la santé humaine et les écosystèmes, par exemple — et il se trouve que, comme d’autres chercheurs l’ont signalé avant eux, les pays les plus pauvres « sont affectés plus négativement, soit parce qu’ils manquent des ressources pour se protéger, soit parce qu’ils sont dans des régions plus chaudes où un réchauffement additionnel est néfaste à la productivité et à la santé ». Ce dernier point est une référence à la « température optimale » au-dessus de laquelle notre propre corps commence à protester lorsqu’on lui demande trop d’efforts. Leur constat n’arrange rien pour la lutte aux inégalités, considérant que certains pays déjà riches pourraient même profiter économiquement du réchauffement : en conséquence, l’argument pour les convaincre de changer de direction devra en tenir compte.