On ne passe pas d’une ère géologique à l’autre juste en criant « anthropocène ». Il y a maintenant plus d’une décennie que les géologues en débattent. Mais le comité désigné par leur communauté est à présent un peu plus près d’une décision.

Par un vote de 29 voix contre 4, le Groupe de travail sur l’anthropocène (Anthropocene Working Group) a répondu par l’affirmative à la question voulant que l’anthropocène soit désormais « traité comme une unité chrono-stratigraphique ».

L’idée qu’on puisse parler d’une « ère géologique » qui serait caractérisée par l’empreinte laissée par l’humain ne faisait en réalité plus débat depuis le Congrès international de géologie tenu en 2016 en Afrique du Sud. Cette empreinte se manifeste sous diverses formes qui seront encore détectables — à l’œil d’un géologue — dans des millions d’années. C’est le choix du « marqueur » qui reste la dernière chose à trancher : les experts s’entendent en gros pour que ce soit le milieu du 20e siècle, avec la croissance rapide de la population humaine, la production industrielle intensive, l’utilisation tout aussi intensive d’engrais et de pesticides en agriculture, et les débuts de l’énergie nucléaire. Mais il reste à traduire cela en langage de géologue : quelles mesures, quelles traces, quelles « empreintes » sur les strates géologiques. Une décision devrait être soumise en 2021 à la Commission internationale de stratigraphie, le plus grand des groupes de l’Union internationale des sciences géologiques.