Peut-on attribuer au réchauffement climatique un événement météorologique, alors même qu'il se produit, comme la canicule extrême vécue en France la semaine dernière ? C'est l'exercice auquel certains se sont livrés — avec des résultats troublants, tout dépendant de la méthode utilisée.

Dans un cas, sur la base de leurs modèles des 10 dernières années, ils arrivent à la conclusion que les records de températures qui se sont accumulés en France pendant trois jours avaient cinq fois plus de chances d'avoir été causés par le réchauffement climatique. Dans l'autre cas, sur la base des relevés de températures du dernier siècle, ils arrivent à la conclusion que l'attribution au climat, aidé par la pollution, est 100 fois plus probable que l'attribution aux seules variations naturelles.

Certes, les incertitudes seront toujours élevées — en vertu du principe, maintes fois répété, qu'il ne faut pas confondre météo et climat. Les chercheurs associés au tout jeune consortium interdisciplinaire World Weather Attribution ne le nient pas, mais tentent précisément de réduire ces incertitudes — non pas dans l'espoir de prédire les prochaines canicules, mais de distinguer plus finement les responsabilités partagées de la météo et du climat.

Un reportage de la revue Nature estime à plus de 200 le nombre d'études qui ont tenté « d’attribuer » ainsi au climat une responsabilité — dans une canicule, une sécheresse, une inondation ou un ouragan. Dans les deux tiers des cas, leur conclusion fut que l'événement avait été rendu plus probable, ou plus sévère, par l'accumulation de gaz à effet de serre dans notre atmosphère. Des agences météorologiques, notamment en Europe, semblent juger l'état des connaissances dans ce nouveau domaine suffisamment avancé pour explorer des façons d'intégrer ces calculs dans l'information qu'ils diffusent au quotidien.