Quelques minutes avant qu’ils ne doivent évacuer à cause des inondations, les députés du gouvernement de la région de Venise avaient rejeté des mesures destinées à lutter contre les impacts des changements climatiques.

Alors que la ville était frappée par les pires inondations depuis au moins 50 ans, l’eau s’est infiltrée jusque dans la salle du Palais Ferro Fini, l’édifice historique où se réunissent ses élus, ce qui serait une première dans l’histoire de cet édifice.

La majorité du gouvernement local de droite —son président est membre de la Ligue, le parti national d’extrême-droite— venait tout juste de rejeter des amendements au budget 2020 déposés par l’opposition, visant entre autres à augmenter le financement aux énergies renouvelables, à remplacer les autobus au diesel et à éliminer les fours polluants. Le député Andrea Zanoni avait accusé le président du conseil régional de présenter un budget dénué de toute mesure pour lutter contre les changements climatiques, lorsque l’eau a obligé les députés à quitter la salle.

Interrogé par CNN, le gouvernement s’est défendu de n’avoir rien fait, alléguant que depuis les inondations de 2010, la ville avait dépensé 2,6 milliards d’euros (3,8 milliards $CAN) en travaux pour renforcer la sécurité des infrastructures. Les observateurs politiques pointent toutefois cette semaine un autre projet, appelé Moïse, remontant aux années 2000, consistant en la construction de barrières et de portes mobiles anti-inondations, et qui est englué dans un scandale politico-financier.

Cette inondation survient dans une période de marées exceptionnellement hautes qui, dans la mer Adriatique, reviennent environ tous les cinq ans. L’inondation ne peut donc pas être associée uniquement aux changements climatiques, pas plus que les incendies historiques qui font actuellement rage en Australie ou en Californie. Mais tous ces événements s’inscrivent dans une longue série d’événements extrêmes qui, dans la dernière décennie, ont fait bouger un peu partout dans le monde l’aiguille de ce qui était considéré jusque-là comme « normal ».