La désorganisation, le manque de collaboration et la perte de ressources financières, semblent caractériser la recherche de médicaments pour la COVID-19.

C’est du moins ce que conclut une analyse du média américain STAT: sur un peu plus de 1200 recherches cliniques recensées dans la base de données clinicaltrials.gov, peu apportent des réponses satisfaisantes, et pour cause: la plupart sont trop petites, c’est-à-dire qu’elles étudient trop peu de patients, et qu’elles manquent de groupes contrôle, soit des groupes de patients qui n’ont pas reçu le médicament et auraient pu servir de base de comparaison. En date du 24 juin, 39% des études, certaines commencées en janvier, prévoyaient recruter moins de 100 patients.

Une étude clinique sur six aux États-Unis étudiait alors l’hydroxychloroquine, médicament dont l’efficacité n’a pas encore été prouvée. C’est le 19 mars que le président américain, Donald Trump, avait affirmé que ce médicament était « encourageant », avec pour résultat qu’au début d’avril, près de 58% des patients hospitalisés aux États-Unis en recevaient. Selon STAT, un magazine spécialisé en santé, plusieurs études conduites par la suite n’ont fait qu’effectuer un suivi de l’administration du médicament dans les hôpitaux, ce qui n’était pas assez pour en prouver l’efficacité.

Il est certain que les chercheurs subissent une pression pour développer le plus vite possible des traitements contre le coronavirus, mais cette pression a peut-être eu pour conséquence de ralentir, plutôt que d’accélérer, la progression des recherches, commentent les deux auteurs de l’analyse, parue le 6 juillet.

En comparaison, au Royaume-Uni, dans le cadre du projet Recovery, les chercheurs ont plutôt misé sur la collecte massive de données sur plusieurs traitements en même temps, ce qui a permis d’ouvrir la porte à d’autres médicaments tels que le dexaméthasone, qui pourrait potentiellement réduire le nombre de décès de patients nécessitant un respirateur artificiel.

 

- Ariane Chevrier