Comment parler à ceux qui sont hésitants face à la vaccination? Avant toute chose, ne pas leur faire la leçon. Rappeler que les scientifiques ne prétendent pas avoir toutes les réponses. Et surtout, ne pas utiliser l’argument du politicien qui s’est fait vacciner. Même si c’est leur politicien préféré.

C’est le résumé que fait le Washington Post de groupes de discussion (focus groups) organisés récemment pour essayer de comprendre comment rejoindre ce public « d’hésitants ». Et l’argument du politicien étonnera d’autant plus que le dernier groupe était composé de pro-Trump, dont les sondages révèlent qu’ils sont un sur trois à se montrer hésitants face à la vaccination: or, pour eux, une photo de l’ex-président en train de se faire vacciner ne serait pas un argument valable.

L’idée de ne pas faire la leçon rejoint une littérature croissante publiée ces dernières années, sur les façons de dialoguer avec un complotiste: à l’unanimité, les chercheurs concluent qu’il faut chercher le dialogue, se mettre en mode écoute, etc. Sauf qu’ici, ce groupe n’est pas composé que de complotistes, mais plus largement de gens hésitants ou réticents face à la vaccination. Et ils sont suffisamment nombreux, aux États-Unis, au Canada et ailleurs en Europe, pour faire la différence entre un pays qui serait capable d'atteindre l’immunité de groupe ou un autre qui n'y arriverait pas.

L’article du Washington Post rapporte que les participants, bien que se définissant comme hésitants, étaient tous d’accord pour dire que le coronavirus était une menace réelle, plusieurs connaissant même des gens qui l’avaient eu. Ils craignaient plutôt les effets secondaires du vaccin, ou accusaient les scientifiques ou les politiciens de les avoir trompés dans les 12 derniers mois. Et ils se montraient plutôt réceptifs aux propos bien vulgarisés —par exemple, sur les risques— mais se disaient réfractaires à un propos qui donnerait l’impression de vouloir les « endoctriner » plutôt que de les « éduquer ».