Loin d’être les carnivores qu’on imagine souvent, les chiens domestiqués d’il y a quelques milliers d’années se nourrissaient beaucoup de céréales comme le millet —celles-là mêmes que cultivaient leurs humains préférés.

C’est du moins ce qui se dégage de l’étude des protéines contenues dans les os de 36 chiens trouvés sur un site archéologique espagnol, près de Barcelone, et datés de 2500 à 3500 ans.

On ignore combien de temps il a fallu pour passer d’un ancêtre entièrement carnivore —le loup d’il y a 40 000 ans— à un chien qui n’est pas encore l’animal de maison d’aujourd’hui, mais qui n’en a pas moins cessé de chasser pour se nourrir. Mais cette alimentation, écrivent les chercheurs, était probablement assez riche pour lui fournir l’énergie nécessaire à sa « journée de travail » —la surveillance du troupeau.

Le régime n’était pas dénué de viande: 9 des 36 chiens en avaient mangé beaucoup et 10, un peu —tandis que les 15 autres semblent avoir eu une alimentation composée de plantes à 100%. Au point où les isotopes analysés par les chercheurs révèlent que ces chiens devaient manger la même chose que les bovins dont ils avaient la garde. 

Si ce qui est observé sur ce site vaut pour le reste de l’Europe, il est probable que ça ait eu un effet accélérateur sur l’évolution du système digestif, et même de la mâchoire, puisque du millet est plus facile à mâcher que de la viande...