L’idée d’un « passeport vaccinal » ou d’un « certificat de vaccination » crée de la controverse partout où elle est envisagée. Mais en certains endroits, des forces extérieures pourraient forcer la main: ainsi, une partie de l’industrie des croisières menace de cesser de faire escale en Floride, si cet État persiste à interdire aux entreprises de demander une preuve de vaccination.

La compagnie Norwegian Cruise Line, qui espère pouvoir reprendre ses voyages dans les Antilles et en Europe cet été ou cet automne, a en effet annoncé ses couleurs il y a quelques semaines: tous ses passagers et membres d’équipage devront montrer une preuve de vaccination contre la COVID. Une chose qui lui serait toutefois impossible chaque fois qu’elle jetterait l’ancre en Floride, en vertu d’une nouvelle loi signée la semaine dernière par le gouverneur républicain de cet État.

Selon une analyse citée par le New York Times, avant la pandémie, 60% des embarquements pour des croisières aux États-Unis se faisaient à partir de ports situés en Floride.

Plusieurs gouvernements, nationaux et régionaux, réfléchissent depuis des mois à la légitimité d’un tel document. Pour les opposants, il serait une ingérence inacceptable dans la vie privée des citoyens; pour les partisans, il serait la recette pour un retour plus rapide à des activités, culturelles ou sportives. Israël est peut-être le premier pays à avoir institué un tel document.

Les voyages à l’étranger s’annoncent comme une catégorie à part. Le gouvernement canadien a reconnu au début du mois qu’il travaillait sur un certificat de vaccination, destiné uniquement aux voyages internationaux. L’Union européenne, qui y travaille depuis la mi-mars, prévoit le sien pour le mois de juin, et la France vient de voter le sien pour le 9 juin —et celui-ci ne servira pas qu’aux voyages internationaux, mais pour l’accès aux « grands rassemblements ».

Mais les débats épineux sur les limites d’un tel document ne font manifestement que commencer, en France, aux États-Unis et ailleurs: quels événements auront le droit de s’en servir pour refuser l’accès aux non-vaccinés? Quels types de commerces?  Les restaurants en feront-ils partie? Si oui, jusqu’à quand?

Avant la Floride, le Texas était devenu le premier État américain, en avril, à interdire explicitement aux agences gouvernementales et aux entités subventionnées par l’État de réclamer une preuve de vaccination, de quelque nature que ce soit. À l’inverse, déjà, des universités américaines ont annoncé qu’elles en feraient une condition d’entrée pour la session d’automne.