Si l’augmentation des températures atteint les trois degrés à la fin du siècle, l’enfant né en 2020 pourrait observer dans sa vie deux fois plus de feux et d’ouragans, trois fois plus d’inondations, quatre fois plus de récoltes détruites, et 36 fois plus de canicules, que ce que ses grands-parents nés en 1960 ont observé.

Ces estimations étant des moyennes, les impacts seront plus nombreux encore dans certaines régions du monde, et plus durement ressentis dans les pays à plus faibles revenus. Les chiffres proviennent d’une étude qui se veut une des premières à jeter un pont entre climatologie et démographie, et peut-être la première à distinguer les impacts par groupes d’âge.

À cette fin, l’équipe de 37 chercheurs d’une douzaine de pays, s’est attelée à quantifier « l’exposition pendant une vie entière » à des événements météorologiques extrêmes, suivant différents scénarios, allant de 1 degré Celsius à 3,5 degrés d’augmentation par rapport à l’ère pré-industrielle.

« Nous avons de bonnes raisons de croire que nos calculs sous-estiment l’augmentation à laquelle les jeunes feront face », déclare l’auteur principal, le climatologue Wim Thiery, dans le communiqué émis par l’Université Vrije de Bruxelles.

Dans le scénario « 3,5 degrés d’augmentation », ce n’est pas de 36 fois plus de canicules dont on parle, mais de 44 fois plus.

L’étude est parue le 26 septembre dans la revue Science. Elle est parue conjointement avec un rapport de l’organisme à but non lucratif Save the Children, intitulé Born into the Climate Crisis.

Et ça ne concerne pas que les enfants: seuls les plus de 40 ans risquent d’y échapper, lit-on dans l’étude. « L’impact des différentes trajectoires des températures futures » sur l’exposition à ces événements extrêmes « ne deviendra perceptible que pour les cohortes âgées de moins de 40 ans en 2020, la plus grande différence étant pour les plus jeunes cohortes ».

 

Photo: Incendies en Australie, janvier 2020.