Faux experts de la COVID hier, faux experts de l’Ukraine aujourd’hui? Beaucoup de ceux qui diffusaient des fausses nouvelles sur la pandémie se sont en effet « reconvertis » en diffuseurs de fausses nouvelles sur l’Ukraine.

C’est ce que révèle une analyse de l’organisme NewsGuard: 91 sites qui avaient été identifiés en 2021 comme diffuseurs, sur les médias sociaux, de fausses informations sur la COVID,  diffusent à présent de fausses informations sur la guerre en Ukraine. Et il ne s’agit que d’un petit échantillon de l’écosystème mondial de la désinformation, basé sur les sites analysés ces deux dernières années par NewsGuard.

Ce n’est pas la première fois depuis l’invasion de l’Ukraine, le 24 février, qu’on lit des allusions à ce « transfert de compétences ». Et en ne se concentrant que sur la pandémie, on trouve sans peine des chercheurs européens qui ont associé ces deux dernières années des vagues de désinformation sur la COVID aux « usines à trolls » russes —la COVID serait une arme biologique, les ondes 5G auraient causé le virus, etc.

Parmi les 91 sites repérés par NewsGuard, 31 sont anglophones et 31, francophones. Parmi les francophones les plus populaires, on compte les médias d’État russes RT (anciennement Russia Today) et SputnikNews, de même que les sites ObservateurContinental et Mondialisation.ca. Plus de la moitié des 91 sont actifs sur Facebook, YouTube et Twitter et 23 reçoivent des revenus publicitaires. Sur ces plateformes, aucun de ces comptes n’affichait, ce printemps, un avertissement comme quoi ils diffusaient des infos douteuses.

Dans son rapport publié le 3 juin, NewsGuard précise que les trois sites relayant de fausses informations les plus suivis sur les médias sociaux, tous trois anglophones, sont OANN.com, ZeroHedge.com, et OrganicConsumer.org. Ils ont, en tout, quelque 3 millions d’abonnés sur Twitter, 1,5 million sur Facebook, et autant sur YouTube.