Dans le pays le plus riche du monde, l’espérance de vie a reculé en 2021. Pour la deuxième année consécutive.

En tout, une personne née aux États-Unis en 2021 a désormais une espérance de vie de 76,1 ans. En additionnant les reculs de 2020 et de 2021, cela fait un total de 2,7 années de moins, le plus gros déclin en un siècle.

Les observateurs n’avaient pas été surpris du recul de l’an dernier, les décès de la COVID ayant eu leur impact sur la moyenne générale. Mais avec le recul de la pandémie, avec l’expérience acquise auprès des personnes plus vulnérables et avec l’effet protecteur des vaccins, les experts s’attendaient,  il y a 12 mois, à ce qu’un frein ait été mis à ce déclin. Ce qui avait été sous-estimé, c’était à quel point, d’une part, la COVID continuerait de frapper très fort —les États-Unis ont eu à certains moments le plus haut taux de décès des pays riches— et d’autre part, à quel point les décès par surdoses d’opioïdes continueraient d’augmenter.

En comparaison, plusieurs des autres pays riches ont observé une remontée de l’espérance de vie en 2021, après la baisse causée par la COVID en 2020.

Témoignant des inégalités sociales dans ce pays, la baisse de l’espérance de vie est encore plus forte chez les Premières nations: de 71,8 à 65,2 ans depuis 2019, lit-on dans un bulletin du Centre de contrôle des maladies (CDC) publié mercredi. Quant à la référence au « plus gros déclin en un siècle », elle renvoie à la grippe espagnole: c’est le plus récent moment de l’Histoire où les États-Unis avaient connu une baisse aussi significative, note dans le magazine médical STAT l'expert Robert Anderson, du CDC.

« L’espérance de vie à la naissance » —l'expression employée dans le jargon des statistiques— n’est pas un chiffre applicable à l’ensemble d’une population. Non seulement le total peut-il être beaucoup plus bas chez certaines minorités, il varie aussi suivant le sexe (l'espérance de vie a décliné, depuis 2019, de 2,9 ans chez les hommes et de 2,3 ans chez les femmes) et est influencé par des comportements: la diminution du nombre de fumeurs avait par exemple contribué à l’accroissement de l’espérance de vie dans les années 1990 et 2000. Mais on avait noté qu’elle stagnait aux États-Unis depuis le milieu des années 2010, un phénomène qui, là aussi, distinguait ce pays de plusieurs des autres pays riches.