Les incendies qui ont frappé l’Australie en janvier 2020 ont été à ce point intenses qu’ils ont eu un impact mesurable sur la couche d’ozone.

Rappelons que la sécheresse extrême avait entraîné des feux de brousse qui, en quelques semaines, avaient ravagé plus de 5,8 millions d’hectares. La quantité de fumée envoyée dans l’atmosphère avait brièvement élevé la température moyenne dans la basse stratosphère de 0,7 degré —et de 3 degrés au-dessus de l’Australie.

Mais les chercheurs de deux universités britanniques qui ont publié ces calculs le 25 août dans la revue Scientific Reports sont allés plus loin. On se doutait déjà que l’impact de toute cette fumée sur la température devait se comparer avec l’impact d’une grande éruption volcanique: un effet de serre, mais naturel celui-là, d’une durée de quelques semaines. Et il se trouve que leurs résultats concordent avec ce que prédisaient les modèles climatiques.

Or, se sont-ils demandé, en plus de la température, qu’en a-t-il été de la couche d’ozone?

La stratosphère est cette région de l’atmosphère qui s’étend de 10 à 50 kilomètres d’altitude. Les fumées des incendies ne se rendent normalement pas aussi haut, mais ceux d’Australie étaient exceptionnels. Et le fait d’avoir cet impact sur la stratosphère en a eu un autre, sur la couche d’ozone, par une suite de réactions chimiques en cascade. En l'occurrence, le « trou » qui apparaît au-dessus de l’Antarctique chaque année pendant ce qui est le printemps là-bas, a mis quatre mois de plus, en 2020, avant de revenir à la normale.

Ce « trou », qui est plus exactement un amincissement de la couche d’ozone au-dessus de chacun des Pôles de notre planète, avait été, à l’origine, causé par l’usage abusif de certains polluants par les humains , dont les chlorofluorocarbones (CFC). Leur abolition à partir de la fin des années 1980 conduit, depuis, à un lent retour de la couche d’ozone vers la normale (son « rétablissement » complet pourrait toutefois prendre des décennies). Mais ces dernières années, d’autres experts de l’atmosphère ont émis l'hypothèse —ce qui a été confirmé dans une recherche parue en mars dernier— que la couche d’ozone était suffisamment sensible pour que la fréquence accrue d’incendies puisse ralentir ce retour à la normale. Voire inverser le processus, si ces incendies capables d'envoyer des millions de tonnes de fumée et de gaz jusqu'à la stratosphère, devenaient trop fréquents.