Pendant que des gouvernements se font taper sur les doigts parce qu’ils n’ont pas atteint leurs cibles de réduction des gaz à effet de serre, l’Union européenne, elle, fait figure de bon élève: une majorité d’experts s’attend à ce qu’elle réalise ce qu’elle avait promis.

La cible en question est une réduction de 55% des émissions d’ici 2030, par rapport à leurs niveaux de 1990. Or, des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego qui ont examiné « la crédibilité des engagements » de dizaines de pays, ont également sondé 829 experts et diplomates ayant participé, au fil des années, aux négociations internationales sur les changements climatiques. Ils leur ont demandé d’évaluer les ambitions des différents pays, et la probabilité qu’ils y arrivent.

Dans l’état actuel des choses, « la crédibilité de l’Europe est exceptionnellement élevée », en dépit du fait que sa cible de 55% est déjà plus élevée que celle de la plupart des pays du reste du monde industrialisé. Cela place en effet l’Europe, en termes d’ambition, devant la Chine, l’Australie, le Canada ou les États-Unis. Mais ses efforts en vue d’atteindre ses objectifs la placent aussi devant les autres.

Le travail des chercheurs de l’Université de Californie est paru le 1er septembre dans la revue Nature Climate Change.

Il faut se rappeler que l’Accord de Paris de 2015 est, juridiquement, un accord « non contraignant », ce qui signifie que si les pays se sont engagés à mettre noir sur blanc des promesses de réduction des gaz à effet de serre —et à les remettre à jour tous les cinq ans— aucune forme de « pénalité » n’existe pour les pays qui n’atteindront pas leurs cibles. Tout repose donc sur un mélange de transparence, de la part de ces pays, et de surveillance —et celle-ci prend par exemple la forme de cette recherche pour évaluer la crédibilité des engagements, sept ans après l’Accord de Paris.