bandeau

Générer de faux discours. Mettre des mots dans la bouche d’une personnalité publique à son insu. Faire croire, grâce à des outils technologiques, qu’elle a dit quelque chose qu’elle n’a pourtant jamais affirmé… ou ni même pensé. C’est exactement ce que permet l’hypertrucage (ou deepfake, en anglais).

C’est si facile? Pour le savoir, nous avons réalisé notre propre deepfake, à l’aide d’outils trouvés en ligne et d’un ordinateur portable de 1 000 dollars.

  1. Les logiciels à télécharger nécessitent l’exécution d’une série de commandes à l’aide du langage Python, bien connu des programmeurs. Juste assez compliqué pour repousser le grand public…
  2. Pour que les outils de trucage fonctionnent, il faut aussi installer un certain nombre de programmes additionnels. La difficulté c’est qu’ils ne sont pas tous compatibles du premier coup avec votre matériel, vos logiciels. Ou alors, ils n’aiment pas la couleur de votre chemise. Bref, prévoir une bonne expertise en informatique… ou beaucoup de patience.
  3. En principe, il suffit ensuite de déposer dans un même répertoire, les fichiers nécessaires pour le deepfake : la vidéo qu’on souhaite modifier, puis une séquence qui servira à la modifier. On décompose ensuite les vidéos, image par image. On identifie les portions du visage à «fusionner» sur chacune d’elle. Pour finalement les recombiner et recréer une animation vidéo entière.
  4. Les algorithmes effectuent le plus gros du travail, mais il faut tout de même apporter certains ajustements manuellement, ce qui demande du temps. Une bonne carte vidéo (le fameux GPU) permet de sauver de précieuses minutes, des heures, même.

L’hypertrucage en accéléré

Nous? Finalement, on a triché. Plus tôt cette année, un groupe international de chercheurs en intelligence artificielle a mis en ligne son propre logiciel de création de Deepfake : First Order Model. Ce logiciel ne met que quelques minutes à produire une fausse vidéo juste assez convaincante pour nous faire tomber dans le panneau. L’image ainsi produite ne comporte toutefois pas de son. Il nous a fallu créer la bande sonore et l’ajouter à l’aide d’un éditeur vidéo. Et nous voilà avec une vidéo de Donald Trump qui parle de Curium.