« Bilan satisfaisant » sur certains articles de presse; « bilan mitigé » sur d’autres. Les espèces menacées sont-elles moins menacées au terme de la rencontre internationale du CITES, qui les concernait directement?

Bien malin qui pourrait le dire. Les délégués de 169 pays se sont séparés à La Haye le 15 juin après avoir banni le commerce du poisson-scie, après avoir « recommandé » des quotas à l’exportation d’anguilles européennes, mais refusé de restreindre la pêche au requin. Ils ont dans un premier temps voté pour la protection des coraux rouges et verts, avant de se raviser le surlendemain lors d’un deuxième vote. L’Union européenne n’a pas obtenu les protections qu’elles réclamait pour le Cedrela, un bois d’Amérique du Sud. Et le désir des nations africaines (mais pas toutes) de lever l’interdiction internationale de vente d’ivoire s’est mué en un compromis pour un embargo de neuf ans. Trois pays du sud de ce continent qui avaient encore des réserve d’ivoire ont été autorisés à les vendre au Japon.

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En fait, ce forum des Nations Unies dont le nom fait deux lignes de long —CITES, ou Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction— cherche à redéfinir son rôle: il est constamment déchiré entre des délégués assez riches pour réclamer des protections accrues de la nature —souvent la partie de la nature qui est loin de chez eux— et des délégués dont l’économie du pays est directement concernée par l’exploitation commerciale d’un animal, d’un poisson ou d’une plante.

« Quand les intérêts économiques d’une espèce deviennent plus importants, cela se traduit par des décisions plus politiques que scientifiques », reconnaît le secrétaire général de la CITES, Willem Wijnstekers.

Le débat est également remis en perspective lorsqu’on souligne que le budget annuel du CITES est de 4,5 millions de dollars. C’est des dizaines de fois moins que certains « modestes » organismes non-gouvernementaux d’aide au développement; et c’est environ une centaine de fois moins que Greenpeace!

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