Franchissant un pas de plus dans la complexité de notre code génétique —un code qui semble de plus en plus enclin à changer après notre naissance— des chercheurs affirment avoir établi un lien entre l’expression de certains gènes et la consommation élevée de cigarettes. Une « marque », en quelque sorte, qui persisterait longtemps après que la personne eut abandonné sa consommation de tabac.
Abonnez-vous à notre infolettre!
Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!
En soi, l’idée de marques laissées sur les gènes après la naissance n’est pas une idée nouvelle. Plusieurs chercheurs planchent là-dessus depuis quelques années, certains, notamment à l’Université McGill de Montréal (Lire Gènes autour du berceau ) ayant établi que les rats dont la mère s’est mieux occupée présentent des changements durables dans l’expression de leurs gènes —c’est-à-dire les gènes qui sont « actifs », en ceci qu’ils produisent des protéines nécessaires au bon fonctionnement de notre corps.
Dans la foulée, d’autres scientifiques sont à présent convaincus que notre environnement familial ou social, des stress subis dans notre enfance, voire des événements heureux ou malheureux, peuvent provoquer des changements durables dans nos gènes, et ils en cherchent des preuves aux quatre coins de notre bagage génétique.
Dès lors, pourquoi pas le tabac? A tout le moins, cela fournirait une explication sur la prévalence du cancer du poumon, même chez des gens qui ont abandonné la cigarette depuis des années, voire des décennies.
« Vous réduisez le risque quand vous arrêtez », résume Raj Chari, biologiste oncologue (spécialiste du cancer) au Centre de recherche sur le cancer de Colombie-Britannique, dont le travail est paru dans la revue spécialisée BMC Genomics. « Mais (le risque) ne retombe pas à zéro. »





