Deux petites bestioles, certes, mais avec une grosse différence de taille entre les deux : une mouche à fruits a révélé contenir, dans son ADN, l’ADN entier d’une bactérie. Des fragments de l’ADN de ce même parasite ont aussi été découverts dans des vers et des guêpes.
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Petit rappel avant d’aller plus loin. Ces dernières années, les généticiens ont établi que des bactéries pouvaient « transférer » des bouts d’ADN de l’une à l’autre. Mais le transfert d’une bactérie à un animal semblait plus problématique. Eh bien peut-être pas tant que ça, révèle cette nouvelle découverte.
Annoncée dans la dernière édition de la revue Science par une équipe de l’Institut J. Craig Venter de Rockville (Maryland), cette découverte suggère donc que le « transfert » de gènes d’une bestiole à un autre est sans doute plus répandu qu’on ne l’imaginait. Et comme les bactéries sont pas mal plus répandues à la surface de la Terre que n’importe quel autre type d’être vivant, il est fort possible que ce transfert de gènes d’une bactérie à un être vivant plus avancé ait joué un rôle important dans l’évolution —voire, ait donné à certains êtres vivants un avantage évolutif, comme aurait dit Darwin.
Jusqu’à 75% des insectes seraient infectés par la bactérie Wolbachia dont il est question ici. Elle vit à l’intérieur des testicules et des ovaires et se transmet d’une génération à l’autre à travers des oeufs infectés.
Mais il ne faut pas aller trop vite en besogne. Qu’un ADN ait été transféré ne signifie pas nécessairement qu’il apporte un avantage. Tout ce qu’on constate pour l’instant, c’est qu’il a été transféré. Pourquoi cela, on n’en sait rien. Comment, on l’ignore tout autant.
« On parle ici d’une portion significative de l’ADN de la mouche à fruits qui provient de Wolbachia », explique Julie Dunning Hotopp, directrice de l’étude. « Il faut qu’il y ait une forme de sélection pour transporter tout cet ADN supplémentaire. »





