Normalement, le phénomène météorologique El Niño réapparaît dans le Pacifique à des intervalles irréguliers pouvant aller jusqu'à sept ans. Or, à peine deux ans après le précédent, les données révèlent qu’il y aurait une chance sur deux pour qu’il réapparaisse dès cet été. Quelles en seraient les conséquences?
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Il y a les conséquences traditionnelles: des précipitations accrues dans l’ouest des États-Unis et des sécheresses en Asie du Sud-Est; de même que, à l’échelle planétaire, un coup de pouce pour une température moyenne plus élevée. Mais au-delà de ces conséquences prévisibles, un retour d’El Niño déclencherait aussi une interrogation un peu partout dans le monde: pourquoi si tôt? S’agit-il d’une anomalie statistique ou d’une tendance lourde?
À la base, la définition d’un phénomène El Niño, ou de son vis-à-vis La Niña, est une question de températures : si celles-ci, dans le Pacifique, sont de plus de 0,5 Celsius au-dessus de la normale pendant une longue période, c’est un El Niño. Si elles sont de 0,5 Celsius sous la normale, c’est un La Niña. Et ces variations entraînent, par effet domino, toutes les conséquences traditionnelles observées depuis près d’un siècle dans les pays avoisinant le Pacifique.
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Sauf que le problème de cette année n’est pas uniquement une question de statistiques sur la récurrence. On savait déjà que des températures moyennes plus élevées augmentaient les risques d’événements catastrophiques, depuis les inondations jusqu’aux canicules mortelles. S’il fallait qu’El Niño y ajoute en plus son « coup de pouce » tous les deux ans, des centaines de millions de personnes en subiraient les conséquences. En 2024, des chercheurs avaient effectivement évoqué comme hypothèse —sur la base d’une modélisation des climats d’il y a environ 20 000 ans— que ce phénomène météorologique serait voué à devenir plus fréquent et plus intense.
Dans son dernier communiqué, publié le 3 mars, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) annonce qu’en même temps que le phénomène inverse, La Niña, est en train de s’estomper dans le Pacifique, les modèles informatiques prédisent « une possibilité » d’El Niño. L’agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA) évaluait dès la mi-février cette possibilité entre 50 et 60% pour cet été.
Dans l’immédiat, prévoir le plus tôt possible si 2026 devait être une année El Niño pourrait se traduire par des économies énormes dans les pays les plus affectés. Parce que ça signifierait que ceux-ci pourraient se préparer à limiter les dégâts sur leur agriculture, la gestion des eaux, les infrastructures côtières et la santé publique, spécialement la santé des populations les plus vulnérables.
« Des prévisions saisonnières pour El Niño et La Niña nous aideraient à éviter des millions de dollars en pertes économiques et sont des outils de planification essentiels », réagissait le secrétaire général de l’OMM dans son communiqué.





