Six Américains sur 10 disent aller chercher une partie de leurs informations en santé chez les influenceurs des réseaux sociaux. Des influenceurs dont seulement 41% se décrivent comme des « professionnels de la santé ».
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Chez les Américains de moins de 50 ans, la proportion monte à environ 50%, révèle une enquête du Centre de recherche Pew. Les chercheurs ont passé en revue 6828 comptes ayant au moins 100 000 abonnés sur YouTube, TikTok ou Instagram, qui « publient régulièrement sur la santé et le bien-être », et ont analysé en parallèle les résultats de deux enquêtes sur les pratiques informationnelles en santé des Américains.
Une des choses qui ressort est que, parmi les influenceurs qui ne se définissent pas comme des professionnels de la santé, on trouve avant tout des gens qui se présentent comme des entraîneurs (31%) ou des entrepreneurs (28%), suivis de ceux qui s’appuient sur leur « expérience de vie » (13%) (comme des parents) ou se décrivent comme « auteurs » (11%) —chacun pouvait être classé dans plus d’une catégorie.
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Parmi les 41% qui se définissent comme des professionnels de la santé, 17% ont été classés sous « médecine conventionnelle » et 7% dans des disciplines connexes (comme la pharmacie), contre 7% qui se rangent dans les médecines dites « alternatives » (comme la naturopathie); 6% sont des diététiciens ou des nutritionnistes.
L’enquête ne s’aventure pas sur le terrain de la légitimité des conseils de santé qui sont donnés, comme d’autres études l’ont fait. Elle souligne plutôt la dépendance croissante à l’égard des réseaux sociaux: 83% disent utiliser ces influenceurs pour choisir des changements à faire dans leurs habitudes de vie; et 67% ont dit qu’ils « obtiennent ces infos surtout parce qu’ils tombent dessus » à cause de ce que les algorithmes leur ont envoyé; à l’inverse, 24% disent ne pas avoir confiance dans les conseils donnés par ces personnes.
« Nous avons absolument sous-estimé les influenceurs en bien-être », commente dans le New York Times Mariah Wellman, de l’Université d’État du Michigan, qui étudie les communautés numériques consacrées à la santé. « Ils ne se contentent plus d’influencer ce que nous achetons ou ce que nous portons ».
Le fait que la majorité des plus populaires ne fassent pas partie des institutions de la santé n’est pas étonnant, ajoute Rachel Moran, de l’Université de Washington. « En fait, ça peut être une grande part de leur attrait. »
Les deux tiers de ces influenceurs sont des femmes, mais parmi les plus populaires (8% qui ont plus d’un million d’abonnés), hommes et femmes sont pratiquement égaux.
La grande majorité sont sur Instagram (86%), suivi de TikTok (62%), YouTube (45%) et, loin derrière, Facebook (19%). Un sur 10 diffuse aussi une balado. Le Centre Pew note que, dans une enquête qu’il avait menée en 2024 sur les influenceurs qui se consacrent à l’actualité (news influencers), 85% étaient plutôt sur X, contre 50% sur Instagram et 44% sur YouTube.





