À gauche et à droite, les observateurs du projet de loi américain sur le climat, adopté vendredi, 26 juin par la Chambre des représentants, se posent deux questions: sera-t-il également adopté par le Sénat? Et aura-t-il l’impact espéré... sur les autres pays?

Les opposants à toute réglementation sur le climat trouvent que l’American Clean Energy and Security Act n’aura pas un grand impact sur le climat de la planète s’il n’est pas imité ailleurs. Et les écologistes... sont d’accord.

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Ce pas en avant (réduction des gaz à effet de serre de 17% d’ici 2020 et de 83% d’ici 2050) repose sur un pari: que les investissements américains dans les énergies nouvelles inspirent d’autres pays, désireux de ne pas voir fuir leurs propres investisseurs.

Mais ce qui est facile avec la Chine ne l’est pas pour la majorité des pays en voie de développement. Ce même 26 juin, le premier ministre britannique Gordon Brown proposait que les pays riches créent un fonds de 100 milliards$ par an, d’ici 2020. La loi américaine, appelée aussi loi Waxman-Markey, en prévoit déjà cinq d’ici 2020, plus de 3,5 à 15 milliards pour les compagnies privées qui s’attaqueraient à une réduction de leurs émissions dans les pays en voie de développement, selon Nigel Purvis, de la firme Climate Advisers.

Il pourrait être difficile, écrit le journaliste Andrew Revkin, d’en convaincre les sénateurs américains d’aller plus loin, alors qu’on n’est même pas encore sûr de les convaincre que la nouvelle loi ne nuira pas à leurs propres intérêts.

Dans les mots du premier ministre britannique:

Le succès nécessite deux virages majeurs dans notre façon de penser. Le premier est de cesser de penser en termes de cycles politiques ou économiques, en fonction de programmes annuels ou étalés sur une décennie. Mais de penser en termes d’époques et d’ères; comment notre gestion sera jugée non par les journaux de demain mais par les enfants de demain.

Et le second virage consiste à repenser la façon dont nous évaluons le succès, comme société. Pendant 60 ans, nous avons mesuré nos progrès en termes de gains économiques et de justice sociale. À présent, nous savons que le progrès et même la survie de la seule planète que nous ayons, dépendent d’actions décisives pour protéger cette planète.

La société est-elle capable d’effectuer ces virages? Dites-nous ce que vous en pensez dans la case “commentaire” au bas de la page.

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