Le 12 mai, il a été formellement accusé, par le procureur du district central de Séoul, Corée du Sud, davoir fraudé et détourné léquivalent de 3 millions$ US en subventions gouvernementales. Il les aurait employés à lachat dune voiture pour lui-même et de cadeaux pour divers cadres dentreprises et politiciens. Une autre accusation renvoie à ce qui était désormais connu depuis des mois : violation dune loi de janvier 2005 sur la bioéthique (en achetant des ovules, alors quil avait prétendu quil sagissait de donations volontaires). Cette loi avait justement été votée... en raison des craintes soulevées en 2004 par la propre recherche du Dr Hwang !
Abonnez-vous à notre infolettre!
Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!
Et Hwang ne sera pas seul dans le box des accusés : cinq autres chercheurs de son équipe font également face à diverses accusations (fraude, détournement de fonds, violation de la même loi et, dans un cas, destruction de preuves).
Professeur à lUniversité nationale de Séoul lan dernier à pareille date, aujourdhui disgrâce nationale, il avait annoncé en mars 2004, dans un article publié par la prestigieuse revue américaine Science (article aujourdhui retiré des archives, un fait rare dans lhistoire de cette revue) avoir réussi, pour la première fois de lHistoire, le clonage dune lignée de cellules-souches à partir de cellules dun embryon humain. Lannée suivante, il affirmait être cette fois parvenu à cloner 11 lignées de cellules-souches. Cela aurait pu être la porte ouverte au clonage de cellules sur demande pour guérir une foule de maux : mais tout était faux (voir ce texte).
Le rapport denquête du procureur sud-coréen, qui fait 150 pages, na rien révélé de neuf à ceux qui suivaient cette histoire depuis lautomne dernier, tout au plus a-t-il comblé certaines lacunes dans la chronologie. Et il démolit les prétentions du Dr Hwang, pour qui ce sont ses adjoints qui ont fabriqué des preuves à son insu : selon lenquêteur, la faute lui incombe totalement, pour avoir ordonné à ses adjoints de fabriquer des données. Le fait quil nait peut-être pas su quelles données avaient été fabriquées (les photos des 11 lignées, en particulier) ne le rend pas moins coupable. Le procès doit commencer le 20 juin.
Quant au détournement de fonds, il est tout ce quil y a de classique, au point où on se croirait dans du journalisme économique plutôt que scientifique. Importants retraits en liquide faits par Hwang lui-même, puis transportés dans des sacs vers dautres banques pour éviter de laisser une trace informatique où cet argent était déposé sur divers comptes 63 en tout ouverts sous différents noms, dont ceux de jeunes chercheurs et de membres de sa famille.
En Corée du Sud, utilisation frauduleuse des fonds publics peut valoir jusquà 10 ans de prison. Violation de la loi sur la bioéthique, trois ans.





