Dans la liste des droits de l’homme, il y a celui d’émettre des opinions qui dérangent, d’exercer sa religion, d’être considéré comme un égal peu importe son sexe ou son appartenance ethnique, ainsi que le droit à l’éducation. Et pourquoi pas le droit de respirer un air de qualité?

“Les changements climatiques violent les droits humains les plus élémentaires”, a lancé Don Brown, de l’Université d’État de Pennsylvanie, dans les cadre du Sommet des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se tient actuellement à Nairobi. Ce chercheur et quelques-uns de ses collègues ajoutent ainsi une dimension inattendue au débat déjà encombré sur le climat: la dimension éthique.

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Jusqu’ici, “nous n’avons pas eu une seule discussion publique sur l’éthique des changements climatiques” poursuivent ce chercheur et ses collègues de trois pays (États-Unis, Royaume-Uni, Brésil) dans un rapport déposé le 8 novembre à Nairobi. Le Protocole de Kyoto, à leurs yeux, était le fruit d’une série de compromis purement politiques: un éventuel traité post-Kyoto (puisque l’actuel traité arrive à échéance en 2012) devrait être le résultat d’une démarche éthique.

Mais que voudrait dire une démarche éthique dans le contexte de négociations qui impliquent des dizaines de pays, voire tous les pays de la planète? Le rapport est plus explicite sur ce que ne serait pas cette démarche que sur ce qu’elle serait. À titre d’exemple, le Rapport Stern qui, la semaine dernière (voir notre texte), s’attardait aux conséquences économiques du réchauffement planétaire, est critiqué justement en raison de son insistance sur le rapport coûts-bénéfices: un tel calcul, déclare au New Scientist le Britannique Jouni Paavola, pourrait causer encore plus de victimes parmi les plus vulnérables.

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