Vous vous souvenez de l’époque lointaine —il y a 2 ou 3 ans— où on décodait avec grandes difficultés le génome d’une seule bestiole? Voilà qu’on a annoncé le décodage de... 12 espèces d’un seul coup!

Douze espèces de la mouche drosophile, ce rat de laboratoire de la génétique, qui permettront, par l’analyse de leurs différences et de leurs similitudes, de faire faire des pas de géants à la génétique.

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Mais qui mettent, du coup, la barre beaucoup plus haut pour les chercheurs engagés dans la course au décodage. Interrogé par Nature , qui publie une partie de ce vaste travail, le généticien Daniel Hartl avoue avoir perdu le compte du nombre de génomes d’espèces différentes qui ont été à présent décodés. C’est comme si on en était arrivé au stade où on en décode une « avant le petit déjeuner ».

Quelque 150 scientifiques à travers le monde ont contribué au Consortium des 12 génomes de la drosophile —sept décodés suivant une méthode inédite, et cinq suivant une autre. En tout, cela donne lieu à pas moins de 40 articles scientifiques, dans Nature> et dans la revue Genome Research, entre autres.

Ces 12 espèces étant éparpillées sur trois continents, cela ouvre aux scientifiques une fenêtre sur leur évolution. Mais surtout, avec une accumulation pareille de données qui tombe soudain dans les bases de données, les découvertes et nouveautés sont nombreuses. Gènes régulateurs, gènes d’encodage de protéines, ARN et micro-ARN, le vocabulaire est révélateur à la fois de l’excitation des chercheurs, et de combien ils sont de plus en plus loin de la « simple » cartographie des séquences de gènes qui était au coeur du « décodage » du génome humain, il y a moins de 10 ans.

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