Le principe est simple : si vous polluez trop, vous payez une pénalité sous la forme de « permis de polluer », achetés à des industries qui, elles, ont réduit leurs émissions. Mais dans la pratique, le système implanté en janvier 2005 auprès de 12 000 industries productrices d’électricité, de ciment, d’acier, de pâtes et papiers, etc., s’est heurté à deux problèmes imprévus :
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- certains pays de l’Union européenne ont accordé au début trop de permis de polluer; la valeur de ces permis a dégringolé de moitié, au point de menacer le marché du carbone d’effondrement; des interventions gouvernementales ont stabilisé le marché depuis, mais les pays les plus pauvres, menés par la Hongrie, menacent de se retirer de ce système qui, disent-ils, nuit à leur croissance économique;
- des compagnies et des lobbyistes efficaces ont tellement bien influencé les politiques de certains pays que l’Union européenne souhaite centraliser la gestion du marché du carbone, afin d’éviter que les plus riches n’en profitent indûment.
Exemple. Des industries énergivores (aciéries et alumineries, entre autres) s’opposent vigoureusement à des projets de lois qui les obligeraient à acheter davantage de permis. Leur lobbying a été efficace, puisqu’en Grande-Bretagne notamment, les émissions des cimenteries ont augmenté de 50% depuis 2005.
Les compagnies d’électricité allemandes (E.ON et RWE) et suédoise (Vattenfall) sont également pointées du doigt.
Même les écologistes sont insatisfaits. L’énorme lobbying, dénonce l’un d’eux dans le International Herald Tribune, « crée tant d’incertitudes sur la façon dont ce marché opère qu’à peu près personne n’investit dans des technologies plus propres en Europe ».
Mais le vent tourne : même aux États-Unis, les deux candidats à la présidence ont pris des engagements en ce sens, promettant l’institution d’un marché du carbone inspiré de celui de l’Europe. Et au Canada, le dossier progresse à petits pas entre l’Ontario et le Québec. La suite au prochain épisode...





