Mauvais timing pour les cellules souches. Des arrestations en Hongrie, des soupçons de plagiat en Grande-Bretagne et des accusations de photos trafiquées aux États-Unis... De quoi miner la crédibilité d’un domaine encore éprouvé par une fraude survenue il y a trois ans et demi...

Il y a trois ans et demi, c’était la disgrâce du Dr Hwang Woo Suk, dont les soubresauts ébranlaient l’Université nationale de Séoul, la Corée du Sud, le financement de la recherche et jusqu’au processus de révision par les pairs, qui avait permis la publication de ces recherches (lire Comment la fraude a pu passer entre les mailles du filet). L’excitation autour de la très dynamique et très prometteuse recherche sur les cellules souches avait conduit à ce dérapage hors-norme, et toute la communauté y voyait un sérieux avertissement : rigueur, rigueur, rigueur.

Eh bien une histoire dangereusement similaire se dénoue à l’Université du Minnesota : comme dans l’histoire Hwang Woo Suk, des photos censées représenter des expériences différentes, s’avèrent être la même photo, mais à l’envers.

L’Université du Minnesota a lancé une enquête, à la suite de questions embarrassantes posées par le New Scientist . Deux enquêtes précédentes de la même université, sur son même Institut des cellules souches, avaient conduit l’an dernier à corriger trois articles déjà parus et à en retirer un quatrième (un récit plus complet ici).

Au même moment, les chercheurs de l’Université Newcastle, en Grande-Bretagne, qui avaient spectaculairement annoncé en juillet avoir produit du sperme à partir de cellules souches, ont dû retirer leur article, après avoir admis que les premiers paragraphes plagiaient un autre article. Cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas accompli ce qu’ils affirment avoir accompli. Mais ça jette une ombre.

Enfin, la police hongroise a arrêté à la fin-juillet quatre personnes, soupçonnées d’avoir dirigé une pseudo-clinique promettant des « traitements à base de cellules souches »... à 25 000$ par patient.

Pascal Lapointe