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Après l’information (RDI) et les arts (ARTV), Radio-Canada vise la science. Connue à l’interne sous le nom de SENS — pour Santé, environnement, nature et science – cette chaîne spécialisée pourrait prendre les ondes dès l’hiver 2011.

Il s’agit toutefois de science pris au sens large : la nouvelle chaîne tablera avant tout sur la curiosité, l’exploration et la vie pratique ! « L’esprit de l’émission Découverte reflète bien ce que l’on veut, mais il y aura beaucoup d’émissions et de documentaires sur la l’environnement, les animaux et la santé, sous l’angle pratique et donc proche des gens», résume Sylvain Lafrance, le vice-président des services français de Radio-Canada.

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Le feu vert devrait être donné par le CRTC dans les prochaines semaines. En attendant, la direction travaille à sa programmation. Découverte, La Semaine Verte, y figureront sans doute mais surtout de nombreuses acquisitions – « de la BBC et des principaux joueurs mondiaux du domaine », dit Mr Lafrance.

« Il y aura peu de reprises de la 1ère chaîne », assure Mr Lafrance — après tout, RDI diffuse déjà des reprises de Découverte et de La Semaine Verte. « Nous allons privilégier la production originale et les acquisitions ». Questionné sur le pourcentage de ces aquisitions (60%? 70%?), il se fait toutefois peu loquace : « il y en aura une bonne proportion ». Ce qui signifie que des fonds devront être alloués à l’achat de documentaires.

Curiosité et exploration !

« Nous sommes dans une logique de mass-média et nous voulons utiliser les forces du secteur public. Cette chaîne sera différente, donc ne viendra pas concurrencer ZTélé, nous aurons pour cela du contenu original et distinct de ce qu’il y a sur le marché québécois actuellement », explique Mr Lafrance.

Frappée comme les autres par la fragmentation du marché et la concurrence d’Internet, Radio-Canada doit développer d’autres créneaux pour élargir son audience et son financement, selon Éric George, professeur à l’École des médias de l’UQAM et codirecteur du Groupe de recherche interdisciplinaire sur la communication, l’information et la société (GRICIS).

Deux inquiétudes surgissent toutefois face à cette nouvelle chaîne : le risque de cannibaliser les trois autres chaînes francophones de Radio-Canada (SRC, RDI, ARTV), et de ressembler beaucoup au Canal D, un fourre-tout d’émissions plus ou moins bien traduites.

« Ce ne sera pas un autre Discovery, plutôt un univers spécifique où il sera possible d’apprendre – c’est ce que je recherche quand j’allume la télé – et où l’on parlera de ce qui passionne les gens, comme la santé ou l’environnement », croit le vice-président des services français de la SRC.

Une autre inconnue : la distribution de cette chaîne. Radio-Canada devra persuader les distributeurs qu’il y a une place pour une nouvelle chaîne aux nombreux documentaires, quelque part entre Canal D et Canal Vie.

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