L’activité humaine pèserait davantage sur les réservoirs d’eau douce côtiers que le réchauffement climatique, soutient une récente étude canadienne.

Près de 30% des Québécois, et des Canadiens, boivent quotidiennement de l’eau douce provenant des aquifères côtiers, des nappes d’eau souterraines avoisinant les côtes. «Et plus il y a de monde qui puise de l’eau, plus il y a de risques de contamination saline de ces réserves naturelles d’eau potable», relève Tom Gleeson du département de génie civil de l’Université McGill.

Les aquifères sont des formations géologiques faites de roche poreuse, de sable ou de gravier saturées d’eau, un peu comme une éponge. Ils se rechargent par la pluie ou la neige fondue. L’eau douce «flotte» sur l’eau salée –celle-ci étant plus dense, elle reste au fond— ce qui permet de la prélever sans risque.

Cependant, lorsqu’une trop grande quantité d’eau douce est pompée, de l’eau salée s’introduit dans les réserves d’eau douce pour en compenser la perte, la rendant impropre à la consommation. Le même phénomène peut être observé lorsque les eaux salées montent. La montée du niveau de la mer s’avère intimement liée aux changements climatiques.

Avec son collègue Grant Fergusson de l’Université de Saskatchewan, le chercheur a examiné les données de plus de 1400 aquifères côtiers des États-Unis.

Ces réserves naturelles d’eau douce ne semblent pas affectées par la hausse du niveau de la mer. De fait, ils ont constaté un seul incident dû à la montée des eaux.

Les aquifères s’avèreraient bien plus sensibles à l’activité humaine (consommation, usage domestique ou irrigation). «On observe le même phénomène en Israël, à Long Island à New York, à Miami et à Los Angeles. Plus de pression sur l’aquifère entraîne une plus grande percolation et des intrusions salines avec pour conséquence la contamination de l’eau douce», note le chercheur.