Si le pape lui-même déclare que le Big Bang et l’évolution sont des réalités, cela signifie-t-il que l’univers des croyants est en train de s’écrouler? Pas tout à fait.

Le pape François n’est d’ailleurs pas le premier chef de l’Église catholique à dire clairement que la science est dans le vrai: Jean-Paul II, en 1996, avait dit de l’évolution qu’elle était «plus qu’une hypothèse» et «un fait avéré». Mais dans sa déclaration à l’Académie pontificale des sciences le 29 octobre, le pape François est allé plus loin que ses prédécesseurs: en ajoutant que Dieu n’est pas «un magicien avec une baguette magique», il semble avoir attaqué de front les créationnistes eux-mêmes.

Lorsque nous lisons le récit de la création du monde dans le livre de la Genèse, dit-il, «nous risquons d’imaginer Dieu comme un magicien, ce qu’il n’est pas». Et aussi: «le Big Bang, que nous tenons aujourd’hui pour l’origine du monde, ne contredit pas l’intervention d’un créateur divin.» Un discours dont les exégètes débattront peut-être pendant des années, mais qui n’est pas si surprenant, du moins pour les catholiques, quand on se rappelle que c’est le prêtre catholique —et professeur de physique— George Lemaître qui a, le premier, postulé l’hypothèse d’un cosmos né à partir de «l’explosion» d’un atome primordial.