– L’eau employée pour aller chercher le gaz de schiste dans la roche peut-elle contaminer les réserves d’eau souterraine ? Une étude vient de relancer le débat exactement là où une enquête majeure s’était arrêtée en 2011 — et l’étude demande tout haut pourquoi l’enquête s’était arrêtée.

Cette année-là, alors que l’extraction de gaz de schiste était en croissance rapide grâce à la nouvelle technologie appelée fracturation hydraulique, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) avait remis un rapport préliminaire : elle y concluait que la contamination de l’eau dans un village du Wyoming, Pavillion, pouvait vraisemblablement être attribuée aux forages menés à proximité. Des critiques avaient pointé des erreurs méthodologiques, et l’EPA n’avait jamais donné suite, mettant même fin à des enquêtes en cours ailleurs aux États-Unis — ce qui avait soulevé des soupçons de pressions de l’industrie.

Or, une équipe de l’Université Stanford, révisant les données de 2011, vient d’arriver à la même conclusion : il y aurait un impact direct entre les forages et la baisse de la qualité de l’eau dans la région. Il faut toutefois savoir que l’un des auteurs de cette nouvelle étude, Dominic DiGuilio, est aussi celui qui était à la tête de l’étude avortée de 2011 ; il avait par la suite quitté l’EPA.

En 2015, le comité scientifique aviseur de l’EPA s’est publiquement inquiété du temps écoulé depuis que l’EPA avait promis la publication de son rapport sur les risques potentiels pour l’eau potable.