Des embryons artificiels, produits pour la première fois sans sperme ni ovule: c’est ce qu’ont commencé à expérimenter des biologistes sur des souris. Avec un oeil sur des espèces plus avancées…

Les embryons ont commencé à se diviser avant d’être implanté chez les femelles. Ils avaient toutefois des malformations, lit-on dans l’étude paru le 17 octobre dans la revue Cell.

L’équipe de l’Université du Texas est partie de cellules souches dites pluripotentes, celles qui ont la capacité de se transformer en chacun des types de cellules présentes aux premiers stades de l’embryon. Dans leur expérience, ces cellules souches se sont « auto-assemblées » en des structures similaires à celles d’un embryon après avoir été nourries de substances nutritives et d’hormones de croissance.

Transférées dans les utérus de souris, seulement 7% se sont toutefois implantées avec succès. Et lorsqu’on les en a retirés une semaine plus tard, même si ces cellules avaient commencé à former des « structures foetales », elles présentaient également des malformations: « la structure des tissus et l’organisation n’étaient pas aussi bonnes que dans des embryons. normaux », résume prudemment le biologiste Jun Wu. Jusqu’à quel stade ces « structures foetales » auraient-elles pu survivre, c’est impossible à prédire, mais les chercheurs ont l’intention de continuer, pour voir s’ils peuvent éliminer ces malformations et augmenter le taux de survie.

Et leur objectif ultime n’est pas de produire des bébés souris, mais plutôt des organes: autrement dit, arriver à programmer des cellules souches pluripotentes pour qu’elles génèrent des coeurs ou des poumons en vue de transplantations —et s’ils se rendent jusque-là chez des souris, le rêve d’y arriver chez des humais sera lui aussi à l’horizon.