« L’aigle a soudain envoyé des centaines de textos en attente, alors qu’il quittait le Kazakhstan pour entrer en Iran. » Ceci n’est pas une manchette d’un journal satirique, c’est le compte rendu des déboires rencontrés par des chercheurs qui avaient équipé d’un GPS cet aigle des steppes, et 12 autres, afin de pouvoir mieux comprendre les migrations de cet oiseau.

Chaque traceur électronique était programmé pour envoyer quatre textos par jour avec ses coordonnées, ce qui permettait aux chercheurs, sous l’égide de l’organisme de conservation de la nature R.R.R, de localiser ces aigles et, semaine après semaine, de dresser une carte de leurs voyages. Le travail est en cours depuis 2018 et les ornithologues s’attendaient à perdre la trace de certains, pour des causes naturelles ou parce qu’ils volaient trop loin d’une tour de communication. Comme chaque texto leur coûtait moins de 15 cents, leur budget avait été établi en conséquence.

Ce qu’ils n’avaient pas prévu dans leur budget, c’est qu’un des oiseaux, Min, « disparaîtrait » pendant des mois… puis réapparaîtrait avec des centaines de textos en attente envoyés d’un seul coup. Il s’avère que Min n’était ni malade ni blessé: il volait simplement depuis cinq mois dans une région du Kazakhstan sans signal cellulaire —comme d’autres de ces compagnons, mais ceux-ci avaient croisé de temps en temps des zones de couverture. Le « problème » s’est réglé à la minute où Min est entré en territoire iranien —où le coût des textos, de surcroît, bondit à 77 cents l’unité.

L’aigle des steppes est considéré depuis 2015 comme une espèce menacée par l’Union internationale pour la conservation de la nature. De million d’individus, leur population se serait stabilisée entre 50 000 et 75 000 ces dernières années. L’organisme R.R.R. a lancé une campagne de sociofinancement pour compenser ces textos inattendus